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France/Législatives-La gauche en tête, duel incertain entre le camp présidentiel et le RN pour la 2e place
information fournie par Reuters 07/07/2024 à 21:16

(Actualisé avec nouvelles estimations, Elysée, Mélenchon, Bardella)

L'alliance de gauche du "Nouveau front populaire" (NFP) était en tête dimanche à l'issue du second tour des élections législatives anticipées en France, le Rassemblement national et le camp présidentiel se disputant la deuxième place, un scénario inattendu qui dessine une Assemblée nationale difficilement gouvernable, selon les estimations des instituts de sondage.

Ifop, pour TF1 et LCI, crédite le NFP de 190 à 215 sièges. La coalition présidentielle "Ensemble pour la République" compterait entre 164 à 174 élus, le RN et ses alliés de 130 à 145 élus. Les Républicains "historiques" gagneraient 60 à 63 sièges.

Pour Opinionway (CNEWS-Europe 1-Le Journal du Dimanche), la gauche remporterait 180 à 210 sièges, "Ensemble pour la République" 155 à 175 sièges, le RN et alliés 135 à 155 sièges, LR et les divers droite 46 à 56.

Ipsos donne 170 à 190 sièges au NFP, 150 à 170 sièges au camp présidentiel, 135 à 155 sièges au RN. LR remporterait 57 à 65 sièges.

Elabe (BFM TV, RMC, La Tribune Dimanche) décompte 178 à 205 sièges pour la gauche, 157 à 174 sièges pour "Ensemble", 113 à 148 sièges pour le RN, 67 à 71 pour LR, Divers droite et UDI.

La "clarification" voulue par Emmanuel Macron aura paradoxalement accouché d'une situation d'une complexité inédite, avec une France sans boussole politique et une chambre basse encore plus fragmentée qu'auparavant.

Dans ce chamboule-tout, aucune force ne dispose en effet de la majorité absolue à l'Assemblée nationale (289 sièges).

Le président de la République veillera "au respect du choix souverain des Français", a fait savoir l'Elysée."Conformément à la tradition républicaine, (il) attendra la structuration de la nouvelle Assemblée nationale pour prendre les décisions nécessaires".

LE NFP VEUT GOUVERNER

Dès les estimations connues, le chef de file de La France insoumise (LFI), composante du NFP qui recueillerait le plus de sièges au sein de l'alliance, a appelé Emmanuel Macron à "s'incliner" et à charger le NFP de former un gouvernement pour appliquer le programme de la gauche, dont l'abrogation de la réforme des retraites et la hausse du Smic à 1.600 euros nets.

"Le président doit s'incliner et admettre cette défaite sans tenter de la contourner de quelque façon que ce soit. Le Premier ministre doit s'en aller", a dit Jean-Luc Mélenchon.

Réplique de l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, réélu dans Le Nord : "Personne ne peut dire qu'il a remporté" le scrutin, "surtout pas M. Mélenchon".

Le "front républicain" appliqué non sans confusion dans l'entre-deux-tours par le NFP et, dans une moindre mesure, par un camp présidentiel divisé sur la conduite à tenir face LFI), composante du NFP, a lourdement pesé dans les urnes et brisé l'élan de l'extrême droite.

Même si le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui avait remporté 89 sièges en 2022 et s'était nettement imposée au premier tour le 30 juin (33,15%), progresse significativement, le verdict des urnes est un échec.

Le président du RN a fustigé "l'alliance du déshonneur" de l'entre-deux-tours à ses dépens et accusé le chef de l'Etat d'avoir jeté la France "dans les bras de l'extrême gauche".

Le camp présidentiel "Ensemble pour la République", qui disposait de 250 élus dans la précédente assemblée, sauve la face mais les fractures béantes qui se sont fait jour depuis la dissolution se creusent. Certains des alliés d'Emmanuel Macron, au premier chef son ancien Premier ministre Edouard Philippe qui l'avait accusé d'avoir "tué" la majorité, ont manifesté sans attendre leur volonté d'émancipation et de recomposition en vue de la présidentielle de 2027.

"Les forces politiques centrales ont (...) une responsabilité qu'elles ne peuvent écarter. Elles doivent sans compromission favoriser la création d'un accord qui stabilisera la situation politique", a dit Edouard Philippe, président d'Horizons.

TROIS BLOCS

Emmanuel Macron avait dégainé l'arme institutionnelle de la dissolution - la sixième de la Ve République - au soir de la victoire du RN aux élections européennes du 9 juin (31,37%) et de la déroute de son camp (14,6%).

Les Républicains, plongés de nouveau dans les affres de la division après le ralliement de leur président Eric Ciotti au RN, conservent leurs sièges à l'Assemblée, forts d'un ancrage local de longue date. Dans les tractations qui s'annoncent, ils pourraient faire valoir leur rôle de force pivot.

Au total, 501 sièges restaient à pourvoir sur les 577 de l'Assemblée nationale dans ce scrutin sans précédent dans la Ve République, malgré les cinq autres dissolutions prononcées depuis 1958.

Le taux de participation s'est établi à 67,10%, en légère hausse par rapport au premier tour.

L'Hémicycle se divise donc selon les estimations en trois blocs pour une XVIIe législature - qui débutera officiellement le 18 juillet - sous le signe de l'instabilité et de la menace de motions de censure à répétition.

En vertu de l'article 12 de la Constitution française, aucune dissolution n'est possible avant le 8 juillet 2025.

Selon l'article 8 de la Constitution, il revient au président de la République, garant des institutions, de nommer le Premier ministre pour conduire la politique de la Nation. La pratique veut que le chef du gouvernement soit issu des rangs de la force dominante à l'Assemblée.

(Sophie Louet avec Blandine Henault, Elizabeth Pineau, Diana Mandia, Zhifan Liu, édité par Blandine Hénault)

1 commentaire

  • 07 juillet 21:45

    Les negos vont prendre des mois...


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